Publié par : jeromeghedira | juin 8, 2008

Les documents originaux détruits par Blocher

les documents originaux retrouvés

Les documents sur la contrebande nucléaire ont été détruits… Marketing alternatif les a retrouvés…

Et voilà, il ne reste plus qu’à sortir un bon rouleau de scotch.

les dossiers détruits de la contrebande nucléaire

Plus sérieusement cette affaire montre que la séparation des pouvoirs vient d’être publiquement brisée en Suisse. Pour rappel,  une intervention directe du gouvernement dans une affaire juridique en cours n’est pas permise.

De quoi est-il question ? issu de swissinfo

Le Conseil fédéral a fait détruire en 2007 des documents ultrasensibles liés à un trafic présumé de matériel nucléaire impliquant trois ingénieurs saint-gallois.

L’affaire remonte à octobre 2004. Le Ministère public de la Confédération (MPC) avait alors ouvert une enquête judiciaire contre deux ingénieurs saint-gallois, soupçonnés d’être impliqués dans un vaste réseau de livraison de matériel nucléaire à la Libye. Les deux frères auraient également participé au réseau d’Abdul Qadeer Khan, le père de la bombe atomique pakistanaise.

«Il s’agissait de plans détaillés pour la fabrication d’armes nucléaires, de centrifugeuses à gaz permettant d’obtenir l’uranium enrichi nécessaire à cette fin ainsi que de systèmes de guidage de missiles», a expliqué Pascal Couchepin.

Quels sont les raisons invoquées pour la destruction

«pour la sauvegarde des intérêts de politique étrangère du pays» et pour éviter «des troubles menaçant gravement la sécurité extérieure ou intérieure».

Quelle partie des documents a été détruite ?

La moitié des 200 classeurs fédéraux est passée à la trappe.

Et le meilleur pour la fin… swissinfo

Plusieurs erreurs ont été commises. Tout d’abord l’index qui accompagne les dossiers n’a pas été modifié. Andreas Müller, le juge d’instruction fédéral qui a réceptionné le dossier, n’a donc eu aucune peine à s’apercevoir qu’un grand nombre de pièces manquaient.

Mieux. Les responsables de cette action «Nuit et brouillard» ont totalement oublié que H. M.*, un des ingénieurs sous enquête, avait réclamé sa libération en avril 2007. Cette requête a été rejetée en juillet 2007 par le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone, puis en octobre 2007 par le Tribunal fédéral de Lausanne.

Or, afin de pouvoir statuer, les deux tribunaux ont reçu des copies complètes des dossiers, assure la «Basler Zeitung». D’autres documents seront simplement réclamés une nouvelle fois aux autorités judiciaires étrangères, qui les ont fournies.

Plus fou encore

Des fonctionnaires rebelles ont fait des doubles de documents particulièrement délicats, notamment pour les remettre à la presse.

Ainsi, le journal alémanique «SonntagsZeitung» a reçu la copie d’un «accord» daté du 21 juin 2003 entre T. M.*, le frère de H. M*, lui aussi en prison, et la CIA. Cet «accord» règle l’échange d’informations contre 1 million de dollars, peut-on lire dans l’édition du 23 mars de l’hebdomadaire dominical.

La chronologie des événements commence aussi à se dessiner. Le 27 juillet 2007, Christoph Blocher était à Washington pour rencontrer plusieurs hauts responsables américains de la sécurité. Il a notamment vu le ministre de la Justice Alberto Gonzalez, le secrétaire à la Sécurité intérieure Michael Chertoff, le directeur du FBI Robert Mueller et le directeur des Services de renseignement Mike McConnell.

Les problèmes de la CIA avec l’affaire H* auraient alors été évoqués. Dans un premier temps, il ne se passe rien. C’est seulement quand le Tribunal fédéral rejette en octobre 2007 la requête de libération de H. M.* que Christoph Blocher demande une discussion secrète avec ses collègues du Conseil fédéral.

Elle débouche sur l’opération de liquidation des dossiers. Problème: il n’existe pas de procès-verbal de cette séance et, officiellement, aucune décision n’a été prise.

C’est la nouvelle ministre de Justice et Police Eveline Widmer-Schlumpf qui doit maintenant gérer les conséquences de toute cette affaire. Elle a déjà acquis l’intime conviction que le Conseil fédéral doit communiquer sur cette affaire. Mais pour l’heure, elle veut que les enquêteurs et la délégation de gestion, qui se penche déjà sur ce dossier, puissent faire leur travail.

*Initiales fictives, noms connus de la rédaction.
swissinfo, Erik Reumann/La Liberté

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